Sourires

maison années trenteTous les matins sur le chemin du travail, Paul passe devant une maison qui l’attire. Il ne sait pourquoi mais il ne peut s’empêcher d’y porter son regard. Une maison toute simple des années trente. Derrière les rideaux de la fenêtre du premier étage, il devine une vieille dame probablement née dans ces années-là, dans cette maison où elle a dû passer toute sa vie. C’est tout au moins ce que Paul imagine.

Lorsqu’il passe à 7h30, Paul aperçoit la vieille dame qui soulève le rideau de sa fenêtre pour adresser un sourire attendri, accompagné d’un coucou de la main, à une jeune fille de 16 ans environ; probablement une lycéenne, probablement sa petite-fille.

Paul s’est aperçu qu’il était déçu lorsqu’il ratait ce rendez-vous matinal parce qu’il passait trop tôt ou trop tard. Il s’est surpris à guetter l’heure et à accélérer l’heure de départ de son domicile afin de ne pas le manquer. Le sourire plein de tendresse de la vieille dame l’émeut.Le sourire plein de vie que la jeune fille envoie en retour à sa grand-mère met du baume au coeur de Paul. Il s’imagine le lien qui unit celles qu’il imagine comme étant « grand-mère et petite-fille ». Il s’imagine leur vie.

Et pourtant, comment peut-on s’imaginer l’histoire de quelqu’un juste sur l’apparence d’un sourire? Même si ces deux femmes échangent des sourires apparemment heureux, parfois nous sourions lorsque la vie donne des raisons de pleurer.Et entre cette grand-mère et sa petite-fille ne manque-t-il pas  une mère dont on peut se demander où elle est?

Le but de cette histoire n’est pas d’en donner la réponse. L’intérêt est de faire prendre conscience de l’importance de sourire pour rester vivant; de faire prendre conscience aussi que derrière des sourires peut se cacher de la tristesse.

Alors, en y songeant, un jour Paul a décidé d’aller à la rencontre de cette famille. Il a posé un jour de congé, garé sa voiture devant cette maison devant laquelle il ne faisait que passer habituellement et il a frappé à la porte. La jeune fille  a ouvert, un large sourire aux lèvres. Ce jour là elle n’avait pas cours. Pourquoi? Signe du destin? Réalité?

Peu importe car la suite de l’histoire ne sera pas racontée ici. N’oublions pas l’essentiel: si un sourire est une fenêtre, sachons regarder à travers.

 

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