L’histoire de Pauline

 

40 ans

Pauline a :
40 ans, 3 enfants, un mari, un boulot qui lui plait, des parents, des beaux-parents, un frère, une sœur, des beaux-frères, des belles- sœurs, une voiture, une maison achetée à crédit, des amis.

Pauline n’a pas :
assez de temps pour se poser, assez de force pour dire stop de temps à autre à ceux qui l’entourent, assez de courage pour leur dire « moi aussi je suis fatiguée et j’ai envie que l’on s’occupe de moi. »

Pourquoi est-ce que je vous raconte l’histoire de Pauline?
Parce que nous avons tous une « Pauline » dans notre entourage : c’est la bonne copine qui a le sourire et est toujours là pour nous et pour les siens, qui nous écoute mais qui ne nous dit jamais qu’elle ne va pas bien.
Parce que nous pouvons tous être une « Pauline » à un moment de notre vie. Et nous aimerions bien à ce moment là que quelqu’un s’en aperçoive.

Revenons à Pauline, puisque c’est de son histoire dont il s’agit.
Ce jour là Pauline était à deux doigts de craquer, à la limite du « burn out », pour utiliser un terme à la mode. Mais elle a décidé de réagir en se comportant envers elle-même comme elle se serait comportée envers son entourage, ses amis.

Qu’a-t-elle fait ?
Elle a commencé par passer des appels téléphoniques. Elle est parfois tombée sur des répondeurs : « Je ne suis pas disponible pour le moment. Laissez- moi un message et je vous rappellerai. » … Ou pas ! Ok, dans le message laissé, comme à son habitude, Pauline n’a pas dit qu’elle n’était pas en forme et qu’elle avait besoin qu’on la rappelle. Elle a quelques difficultés à parler d’elle-même.
Certains ont rappelé, quinze jours plus tard : « Je suis désolée de ne pas t’avoir rappelé avant. Je suis débordée en ce moment. Tu sais ce que c’est ! Et puis, tu ne sais pas ce qu’il m’arrive ? Il faut que je te raconte ! Tu as cinq minutes ? » Et bla bla bla, et bla bla bla…

Qu’a fait Pauline alors?
Elle a décidé de s’octroyer quelques jours de vacances. Loin de tous ! Loin de tous ? Panique chez tous eux qui sont habitués à la savoir toujours là.
Certains se sont demandé comment ils allaient faire sans elle. Quelques-uns se sont demandé ce qui lui arrivait.
Pauline est donc partie, le temps d’un week – end prolongé de quatre jours. Quatre affaires jetées dans une valise et direction la côte atlantique. Là bas elle s’est posée dans un hôtel tout simple donnant directement sur la plage. Elle adore ça. Surtout que peu de personnes séjournent ici à cette période de l’année. Tout ce dont elle avait besoin : du calme dans un lieu apaisant. Balader pieds nus dans le sable ou dans l’eau, lire à la terrasse de l’hôtel. Ca fait cliché mais qu’est ce que c’est bon !
Le premier jour Pauline a répondu aux questions de politesse de l’hôtelier et adressé un « bonjour » du bout des lèvres aux rares personnes qu’elle a croisées. Des solitaires, comme elle, qui ne semblaient pas plus qu’elle avoir envie de parler.
Le deuxième matin, Pauline a échangé quelques mots avec une jeune femme de son âge, le temps de lui demander si elle pouvait lui emprunter le journal local qui se trouvait sur sa table. Le soir de ce second jour, les deux femmes se sont croisées à nouveau : « bonsoir, belle journée aujourd’hui. Bonne journée pour vous ? ». Et peu à peu, les mots se sont ajoutés au mot, les phrases se sont allongées.
Le dernier soir, après le repas, ces deux solitaires se sont retrouvées autour d’un café, sur la terrasse. Elles ont eu ce genre de conversation où l’on se livre car cela ne prête pas à conséquence puisque l’on ne se reverra plus ! Alors on se confie. On dit ce que l’on n’ose pas toujours dire.
Eléonore a deux ans de plus que Pauline. Et un parcours quelque peu similaire. Deux ans auparavant, Eléonore, au bord du « burn out » avait tout envoyé balader : mari, boulot, maison…Tout ou presque. Et elle n’avait pas de regrets si ce n’est celui de ne pas l’avoir fait plus tôt. Pauline l’a interrogée longuement sur son expérience. Cela lui a donné à réfléchir.
Puis la soirée s’est terminée. Le week-end s’est terminé.

Pauline a repris le chemin de sa vie. Pourquoi ? Par ce que c’était sa vie et que, malgré tout, elle l’aimait… si ce n’est qu’elle avait quelques ajustements à y faire.
Depuis ce jour là, quand vous essayez de joindre Pauline, elle ne répond plus systématiquement présent.
Depuis ce jour là, son entourage est, quelque peu, plus attentif à elle.
Depuis ce jour là, quand elle n’est pas bien et que son entourage ne le voit pas, elle l’exprime.
Voilà c’était l‘histoire de Pauline. Un peu celle d’Eléonore aussi. Car dans la vie, il y a des Pauline, des Eléonore et bien d’autres encore…

Morale ?
Que l’on se prénomme Pauline ou Eléonore, l’essentiel est de vivre au plus près de ce qui nous convient, le plus difficile étant de savoir ce qui nous convient.
… Et si l’on ne se prénomme ni Pauline, ni Eléonore, tendons quelquefois l’oreille aux Pauline et aux Eléonore qui nous entourent.

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