La tolérance, entre respect de l’autre et respect de soi

La tolérance désigne la capacité à accepter ce qui va à l’encontre de ses convictions, sans renoncer à ce que l’on est ni à ce que l’on pense.

Lorsque les particularités d’autrui  paraissent rébarbatives, les accepter n’est pas facile. Le faire en restant soi-même ne l’est pas davantage.
Si la tolérance est nécessaire au fonctionnement d’une relation, l’affirmation de soi est indispensable à  l’équilibre de l’individu.

 

la tolérance

 

 

Tolérance ou considération

Du latin « tolerare » signifiant « supporter », le mot «tolérance » définit la capacité  à accepter ce que l’on n’approuve pas. L’individu  se trouve confronté à une manière de penser, d’agir ou d’être qui n’est pas en accord avec la sienne mais il trouve en lui la force de ne pas la rejeter.

Cependant  « Tolérer » diffère de « avoir de la considération pour ».

Lorsque une personne   a de la considération pour une autre, elle a pu en en apprécier la valeur et éprouve de l’estime pour elle.

Lorsqu’elle est tolérante envers autrui, envers des  idées ou des actes , elle ne leur attribue pas toujours de valeur mais elle est capable de les supporter. La tolérance demande un effort sur soi-même pour composer avec une différence d’autrui que l’on ne comprend pas forcément.

 

Pourquoi être tolérant

L’intolérance est génératrice de conflits or l’ Homme est, et reste, un être social au delà de tout.

Dans notre quotidien, en famille, au travail ou dans la rue, il nous est arrivé à tous d’être énervés par un mode de pensées ou d’actions que nous ne comprenions pas. Deux réactions sont alors possibles:

  • exprimer son désaccord de manière plus ou moins sereine, ce à quoi l’autre peut répondre également de manière plus ou moins  sereine.
  • être indifférent et s’éloigner de la source d’agacement. Si cette dernière solution est applicable à des rencontres ponctuelles,  jouer l’indifférence avec des personnes appartenant à  notre quotidien devient plus difficile. Retour à la case précédente donc:
  • choisir d’exprimer son désaccord de manière plus ou moins sereine. C’est là que la tolérance entre en jeu. En étant tolérant, nous exprimons notre ressenti moins agressivement. Par cette voie, nous pouvons espérer être entendu par celui qui est face à nous et, ainsi, engager un dialogue. Un mode d’expression agressif appelle bien souvent de l’agressivité en retour, ou une non-réponse et un refus de dialogue.

 

Kofi ANNAN a dit « La tolérance est une vertu qui rend la paix possible. »

Mais cette  vertu ne doit pas être synonyme d’abnégation et n’est pas toujours facile à traduire en actes.

 

Tolérer et s’affirmer: entre le trop peu et le pas assez

S’affirmer c’est être capable d’exprimer son opinion, ses sentiments et ses besoins tout  en tenant compte de son environnement. On a une valeur, sa valeur:  on doit la respecter et la faire respecter. On ne peut se sentir bien dans son rapport aux autres si on  ne se respecte pas soi- même.Et réciproquement: on ne peut se respecter soi-même si on ne respecte pas les autres.

Autrefois, l’éducation prônait l’abnégation de soi comme valeur. On pensait que c’était un moyen de maintenir l’équilibre d’une relation… Maintenir la longévité de la relation peut-être, l’équilibre non. Et encore faudrait-il réfléchir au sens du mot « relation ». Dans une relation, si l’un des deux individus est bâillonné, il éprouve un mal- être intérieur. Et, Lapalissade mais vérité: « quand on est mal, on ne peut  être bien », ni au fond de soi-même ni dans son rapport à l’autre.

De nos jours, à l’opposé, la société privilégie l’individualisme. On a intégré l’importance de s’affirmer mais on oublie quelque peu la prise en compte de l’autre. On pense que sa manière de pensée ou d’agir est la meilleure et on se remet difficilement en cause.
Entre ces deux extrêmes se trouve une balance dont les deux plateaux, « affirmation de soi » et  « tolérance » peuvent s’équilibrer.

 

Quelques pistes pour trouver cet équilibre

Pour nous affirmer:
– apprenons à nous connaitre et à exprimer nos valeurs à leurs justes valeurs, sans nous dévaloriser, ni nous sur- valoriser.
– accordons-nous le droit d’avoir des besoins différents de ceux de l’Autre, exprimons-les et apprenons à dire non.
– osons agir et octroyons-nous le droit à l’erreur tout en étant responsables de nos choix et de nos actes.
En bref: prenons-soin de nous!

Pour être tolérant:
– prenons le temps de l’écoute de l’Autre avant de laisser les émotions nous envahir et certaines réactions nous emporter.
– acceptons l’idée qu’il n’est pas qu’une seule manière juste de raisonner et que ce n’est pas forcément la nôtre.
– gardons en tête qu’en tout on peut espérer trouver du bon ou du mauvais.

Et n’oublions pas que cheminer sur la recherche d’équilibre entre tolérance et affirmation de soi, c’est comme pour tous les chemins: ce sera rarement rectiligne…Si le chemin était rectiligne, nous apercevrions l’horizon et notre vie serait sans surprise.

« La tolérance, c’est cesser de combattre ce qu’on ne peut changer. » John Locke, philosophe anglais

La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents.”
 Gandhi

Lien retour vers la page « Articles »

Rédigé par l’auteur du site –  Publié le 8 juillet 2013 sur le site « Suite 101 » – Modifié le 5 avril pour ce site

Laisser un commentaire

Page generated in 1,041 seconds. Stats plugin by www.blog.ca