La colère, l’agressivité, la violence

Dans un monde où l’agressivité a tendance à devenir un mode d’expression facile, un monde où des manifestations de violence ont lieu fréquemment et en tous lieux, demandons-nous quelles sont les raisons de ces « colères » et comment nous pourrions dévier vers du positif une attitude qui ne l’est pas. Pour prendre ce chemin il faut comprendre le sens de ces notions et le pourquoi de ces comportements.

 la colère

DEFINITIONS

La colère est une émotion primaire au même titre que la joie, la tristesse, la peur, les émotions primaires se définissant par leur existence dans toutes les cultures humaines et ce depuis la nuit des temps. Mais si la colère est un sentiment connu de tous, chacun a sa manière de la gérer et de l’exprimer.

L’agressivité est une forme d’expression de la colère. Dans la représentation sociale elle est souvent synonyme de violence. Mais elle peut également être synonyme de combativité lorsqu’elle se réfère à la réaction d’un individu essayant de s’affirmer, de se confronter à lui-même ou à autrui.

Quant à la violence, elle se définit par le caractère de ce qui se produit avec une force intense, brutale et souvent destructrice. Elle porte atteinte à l’intégrité physique et psychologique. Colère et agressivité ne conduisent pas obligatoirement à la violence même si la colère peut servir de déclencheur.

LES RAISONS DE LA COLERE

Interrogeons-nous sur le « pourquoi » de la colère et sur le « pour quoi » l’exprimer. Ces deux notions sont liées et, pourtant, nous identifions plus aisément les causes déclenchant la colère que les raisons pour lesquelles nous éprouvons le besoin de l’exprimer.

Cela pourrait s’expliquer par le fait que la bonne éducation a  pendant longtemps inculqué l’idée qu’il fallait contrôler sa colère. Nous l’exprimions peu, ou seule une catégorie de la société était autorisée à le faire : le père de famille, le patron… Nous n’avions pas à nous interroger sur les buts de l’expression de notre colère puisque nous n’étions pas autorisés à l’extérioriser !

Puis la société a évolué vers une tendance à autoriser tout le monde à l’exprimer, autorisation souvent interprétée comme une autorisation à la signifier n’importe où et n’importe comment. La violence l’a alors parfois emporté sur la « saine agressivité ».

En tant qu’émotion, la colère joue un rôle important en nous alertant sur la présence d’obstacles à notre satisfaction. Elle peut traduire l’insatisfaction, la frustration, un sentiment d’être trahi, blessé, ridiculisé, d’injustice, une incapacité à se soustraire d’une situation indésirable…

L’agressivité, généralement mais non exclusivement produit de la colère, est utile pour affronter ces obstacles. Elle participe à la poursuite de nos objectifs de vie et en ce cas s’oppose à la passivité. Exprimer une « saine agressivité » montre que nous avons conscience de nous-mêmes et avons la capacité à nous défendre et à nous faire respecter. Elle permet de soulager les tensions. Mais la manière de l’exprimer revêt beaucoup d’importance car une colère excessive exprimée de manière impulsive peut avoir un effet destructeur.

Manifester sa colère est un outil de survie, psychique et physique. Mais cela doit se faire dans le respect des autres, le respect de soi-même passant aussi par le respect de l’Autre. La nécessité d’exprimer sa colère n’implique pas de le faire « à tort et à travers ».

LES MANIFESTATIONS DE LA COLERE

Pour apprendre à reconnaitre sa colère et s’en libérer, il est intéressant de comprendre que la colère fonctionne sur quatre modes d’expression possibles :

– la colère étouffée : elle concerne les personnes incapables de se mettre en colère, ne sachant jamais se défendre.

– la colère rétro-réfléchie : l’individu n’exprime pas sa colère aux autres. Il l’enferme, la « tourne » en lui et la retourne contre lui-même. Il s’en prend à lui-même. Des effets psychosomatiques tels que l’ulcère d’estomac peuvent en découler. La colère ronge de l’intérieur.

– la colère défléchie : c’est une colère orientée vers un objet autre que celui qui est la cause de la colère. Par exemple, un mari en colère contre sa femme s’en prendra à ses enfants, ou inversement. Il trouve un exutoire à sa colère mais celui-ci n’est pas le bon.

la colère
– la colère hypertrophiée : elle caractérise une colère trop forte, dans l’excès, disproportionnée par rapport à sa raison. Elle peut pousser alors l’individu à des actes de violence.

La colère devient pathologique uniquement lorsque l’individu exprime sa colère sur un seul de ces quatre modes. En dehors de cette situation extrême, la colère joue un rôle de signal d’alerte.

APPRENDRE DE SES COLERES

Pour apprendre de nos colères, posons-nous certaines questions et tentons d’y répondre le plus honnêtement possible :

Pourquoi cette situation ou cette personne m’ont-elles énervé ou m’énervent-elles de manière récurrente ? Qu’éveillent-elles en moi ?

Souvent ce qui nous énerve chez l’Autre renvoie à un point que nous refoulons en nous. Ce peut être une certaine jalousie inconsciente par rapport à ce collègue qui représente tout ce que nous n’aimons pas… mais que nous envions, quelque part au fond de nous, pour sa capacité à se faire reconnaitre, aimer.

Mais la société nous a appris que la jalousie était un défaut, alors nous refoulons, nous détournons, nous nous énervons. Et nous acceptions tout simplement ce que nous ressentons ? Prendre conscience, accepter un fait pour apprendre à le gérer plutôt que de le nier…

Pourquoi est-ce que je manifeste les doutes que je peux avoir en moi par de la colère ?

Dans ce cas là, tourner sa colère vers l’extérieur permet de détourner l’objet de sa colère et d’éviter de regarder en face un de nos « failles ». Peut-être suffirait-il d’accepter qu’il nous arrive à tous de douter et considérer cela comme une capacité à se remettre en question et non pas comme une faiblesse de caractère.

 Pourquoi est-ce que j’éprouve ce sentiment d’injustice à chaque petite remarque que l’on m’adresse ? Et pourquoi est-ce que je n’ose pas exprimer mon ressenti à mon interlocuteur ?

Dans ce cas là, il peut être pertinent d’en chercher les raison du côté de son enfance, d’une « bonne éducation » qui assénait parfois des « Tais-toi, ce sont les adultes qui commandent », « Il faut respecter ses parents »…Or, exprimer ce que l’on ressent, n’est pas un manque de respect. Peut- être même cela dénote-t-il une certaine importance à nos yeux de la personne à laquelle on s’adresse car nous n’éprouvons pas le besoin d’exprimer notre colère aux personnes qui nous indiffèrent.

Que veut-on exprimer quand on n’ose pas se mettre en colère ?

Ce peut être la peur de mettre l’autre en colère à son tour, de ne plus en être aimé et de le perdre.

Je terminerai par quelques proverbes :

« Celui qui est en colère est en colère contre lui-même, pas avec une autre personne. »

« Avez-vous remarqué que la colère est simplement le résultat de problèmes non résolus?»

« La colère contenue peut faire éclater un cœur. » Henri Frédéric Amiel

le calme

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